Parterre de fleurs

par firmm Team

Un tapis multicolore

Qui visite les villages andalous découvre des maisons blanches serrées les unes contre les autres aux pas de portes, fenêtres et balcons fleuris et aux lourds portails en bois s’ouvrant sur d’accueillants petits patios. Le plus souvent, une multitude de chiens et de chats errants peuplent les ruelles – et ce, pas toujours à la joie des piétons dont les chaussures reçoivent, pour la plupart, leur première leçon. Des hirondelles nichent sous les toits, alors que, sur la place du village et la Alameda, il n’y a pas que la jeunesse sur son trente-et-un qui est en quête d’un partenaire ; les pigeons, aussi. Ils gonflent leur jabot, se pavanent en faisant la roue et séduisent leurs femelles en roucoulant.

Qui parcourt les collines andalouses se retrouve sur de petites routes sinueuses grimpant vers des cols où les panneaux de signalisation annoncent fièrement des sommets culminant à 800 m d’altitude. Des aigles tournoient au-dessus des cimes et de vertes forêts de chênes-lièges s’étendent à perte de vue. Ce n’est que de près que l’on s’aperçoit que presque chaque arbre a dû céder l’écorce de son tronc pour fermer des bouteilles de vin et combler d’aise les connaisseurs. En effet, on peut boire ici d’excellents Rioja et le doux Tinto de Verano. En longeant le flanc de la montagne, on se retrouve à la hauteur des nuages et on peut voir comment le vent emporte leur humidité dans les forêts où, sous la forme de mousse et de lichens, elle se fixe sur les arbres et le sol.

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Qui visite l’Andalousie au printemps bénéficie d’une chance toute particulière. Car il y découvre non seulement de beaux villages et de calmes collines, mais aussi beaucoup d’oiseaux migrateurs qui profitent du détroit de Gibraltar et des vents qui règnent à Tarifa pour pouvoir traverser la Méditerrannée, de l’Afrique vers l’Europe, avec le moins d’efforts possibles. Et il sera étonné de voir à quel point les prés peuvent être colorés et fleuris. A perte de vue, ce ne sont que rouges vifs, jaunes, bleus, roses, blancs, lilas et verts. Parfois, des prés entiers se parent d’un seul et unique ton ; d’autres fois, ils ressemblent à un tapis multicolore finement brodé. C’est une saison haute en couleurs et, cette année, elle est particulièrement impressionnante. On dit qu’elle dure plus longtemps que d’habitude en raison de la pluie qui est tombée en abondance l’hiver dernier. Nous avons l’impression qu’un tapis multicolore s’étale sur le paysage, qu’il l’enveloppe dans une ambiance toute artistique comme si un peintre avait trempé son pinceau plus ou moins intensément dans les multiples couleurs de sa palette.

Les Andalous aussi semblent apprécier tout particulièrement le printemps. Par de joyeuses fêtes, ils rendent hommage à sa splendeur à l’occasion d’expositions de chevaux, de corridas, de courses cyclistes etc. Et ce faisant, les couleurs de la région deviennent encore plus vivantes car les femmes se montrent revêtues de leurs robes traditionnelles, moulantes et garnies de volants, dont les tons aussi variés que possible sont malgré tout en parfaite harmonie et ce, jusqu’à celui de la fleur qu’elles ont piquée dans leurs cheveux. Elles sont superbes – on dirait presque des princesses !

C’est ainsi que l’Espagne du Sud nous a accueilli il y a quelques semaines et qu’elle nous a plus que surpris de toutes ces couleurs. Toutefois, les semaines passant, dans les prés de Tarifa, les fleurs se fanent toujours un peu plus et sont fauchées par les paysans. Le tapis multicolore cède la place à la verdure. Et quand ses couleurs seront passées, l’Andalousie aux tons bruns et beiges, à l’herbe sèche et aux couleurs ternes, reflètera alors une contrée telle que l’on se l’imagine plutôt ici dans le Sud. Alors, ce sera assurément merveilleux de savoir qu’ici toutes ces couleurs existent vraiment et, que l’année prochaine à la même époque, elles s’étaleront à nouveau, tel un tapis multicolore, sur les prés d’Andalousie.

-Daniela Schwendimann, bénévole-

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